Leslie Piquemal
Jeudi 1er octobre 2009, dans la rubrique Doctorants

Doctorante associée
Politique comparée
Contact
Au Cedej
De septembre 2007 à août 2009 : Boursière d’aide à la recherche au CEDEJ
Thèse
Politique comparée, sous la direction d’Alain Dieckhoff (CERI), Institut d’Études Politiques de Paris : « La problématique nationale aux yeux des mouvements islamistes : étude de cas des Frères musulmans égyptiens »
Domaines de recherche
participation électorale et évolution des mouvements islamistes « fréristes »
identités et appartenances en Egypte et dans les Territoires Palestiniens
Dynamiques des relations régime – Frères musulmans en Egypte, ainsi que FATH - Hamâs dans les Territoires palestiniens.
Problèmatique
Les différentes formes de nationalisme dans le monde arabe ont fait l’objet de diverses études. Le thème de l’islamisme a aussi suscité l’intérêt de beaucoup de chercheurs, d’autant que le contexte politique actuel est caractérisé par la progression de différents mouvements islamistes dans le monde arabe. Néanmoins, si les Frères musulmans égyptiens ont fait l’objet de plusieurs monographies et articles, de quelques travaux comparatifs avec d’autres groupes islamistes, aucune analyse approfondie de la problématique nationale dans leur idéologie et pratiques politiques récentes n’a été effectuée. En fait, la plupart des analyses de mouvements islamistes dans le monde arabe tendent à minimiser l’importance des enjeux politiques et des références idéologiques et identitaires externes à l’islamisme idéal-typique, pour ces groupes. Beaucoup sont axées sur la problématique de la démocratie, et tentent d’évaluer dans quelle mesure la confrérie a adopté un agenda ou des valeurs démocratiques, et peut agir comme acteur pro-démocratisation en Egypte. D’autres encore se concentrent sur l’étude des Frères en tant qu’acteur d’opposition revendiquant des réformes politiques face à un régime autoritaire et de la dynamique des relations de la confrérie avec les autorités.
Pourtant, depuis trois décennies, les groupes islamistes de la mouvance frériste au Moyen-Orient se sont tous accoutumés à agir dans le cadre stato-national dans lequel ils sont implantés. S’ils restent liés entre eux, ils prennent généralement chacun leurs décisions seuls et en fonction des enjeux politiques et sociaux du pays où ils se trouvent. Concrètement, en considérant les pratiques politiques des mouvements fréristes aujourd’hui en Egypte, dans les Territoires palestiniens, en Jordanie, en Syrie ou autres, il est généralement difficile d’y déceler des stratégies réellement pan-islamistes. Certains en ont conclu que ces organisations fréristes se sont inscrites dans le cadre national à un tel point que l’on peut les qualifier d’« islamo-nationalistes ».
Si le concept est porteur d’intérêt, cette affirmation est trop simpliste pour qualifier les Frères musulmans égyptiens. En-dehors des enjeux liés à la question palestinienne (qui est sensible pour un grand nombre d’acteurs politiques de tous bords au Moyen-Orient, ainsi que pour les populations), ils ont limité leurs activités au pays dans lequel ils se trouvent, élaborant des stratégies politiques en fonction de ce cadre. Mais cela peut se résumer à une forme de pragmatisme, ce qui ne fait pas d’eux des nationalistes au sens propre du terme.
Ainsi, la problématique nationale demeure une question complexe pour les Frères musulmans égyptiens, organisation non-violente, interdite par les autorités du pays mais bien ancrée dans la société. De même que d’autres sociétés du Moyen-Orient, cette dernière a connu un phénomène de désaffection populaire envers l’idéologie nationaliste panarabe, autrefois prépondérante dans la région. Depuis, tandis que l’identité musulmane et le conservatisme social s’expriment de plus en plus, on constate également la persistance d’une identité nationale égyptienne forte. Dans ce contexte, le succès électoral des Frères égyptiens en 2005 suggère que le mouvement a su se situer de manière suffisamment convaincante par rapport aux enjeux nationaux égyptiens.
Ma question de recherche est donc la suivante : à partir de leurs discours et de leurs pratiques politiques, comment les Frères musulmans égyptiens conçoivent-ils et abordent-ils la problématique nationale aujourd’hui ?
Les principaux axes de cette étude sont :
Représentation de l’identité égyptienne d’aujourd’hui chez les Frères musulmans ; représentation de soi par rapport à cette identité
Positions et revendications des Frères par rapport à la question palestinienne
Positions et revendications des Frères par rapport aux crises et conflits au Moyen-Orient dans les années 2000
L’importance relative des enjeux politiques et sociaux propres à l’Egypte dans les stratégies et objectifs à court terme des Frères
Sous quelle forme apparait la dimension nationale dans leurs projets politiques à moyen et long terme ?
Publication
2009 : « Les Frères musulmans égyptiens en 2007 : un programme pour la discorde », dans Hadjar Aouardji et Hélène Legeay, Chroniques égyptiennes 2007, Cedej, Le Caire.
2004 : « La guerre au nord de l’Ouganda : une ‘solution militaire’ sans issue », Afrique Contemporaine, n°209. (article en ligne et en pdf).
Traduction
Traduction vers le français de l’article « Intraparty Competition and Egypt’s National Democratic Party » de Lisa Blaydes et Safinaz al-Tarouty, pour un ouvrage collectif du Cedej.
Parcours universitaire
Oct. 2005-sept. 2006 : Master de recherche, Sociétés et politiques comparées, spécialité « Monde musulman », mention bien : Institut d’Etudes Politiques, Paris. Mémoire du master recherche : « Usages et instrumentalisations de la revendication démocratique égyptienne de 2005 ».
Oct. 2002-mars 2005 : Master de sciences politiques : Institut d’Etudes Politiques, Paris.
Séjour d’études intensif en arabe littéral et dialecte égyptien, 2003-2004, DEAC (Dépt. d’étude de l’arabe contemporain), Consulat français au Caire.
Oct. 1998-juillet 2002 : Master of Arts in Sociology and Politics (licence) : University of Edinburgh (Royaume-Uni).



